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Les politiques familiales des pays de l’OCDE passées au crible

Selon une étude récente publiée par la Caisse d’allocations familiales, les aides financières « sèches » sont moins efficaces que celles visant à concilier travail et famille.

Aider les femmes à concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle aurait plus d’influence sur le taux de fécondité que leur allouer des allocations. C’est l’une des conclusions d’une étude sur « l’influence des politiques d’aide aux familles » dans les pays de l’OCDE (1) même si ses auteurs - le Français Olivier Thévenon, économiste à l’Ined et la sociologue canadienne Anne H. Gauthier -prennent bien soin de préciser que cette influence n’est pas aisée à mesurer avec certitude et que d’autres facteurs (culturels, notamment) entrent en ligne de compte.

L’impact des aides financières « sèches » est, selon eux, le plus difficile à identifier. Notamment dans le temps. « A court terme, si un gouvernement décide d’octroyer un bonus à la naissance d’un enfant, cela va décider un couple à franchir le pas, mais il sera bien plus difficile de mesurer son effet à long terme », sur la taille finale des familles, explique aux « Echos » Olivier Thévenon. Il estime que la force de la France, l’un des pays les plus féconds d’Europe, qui consacre 3,8 % de son PIB à ces aides, tient d’abord à l’ancienneté et à « la stabilité de sa politique familiale », facteur de « confiance ». Les allocations, visant à prendre directement en charge le coût de l’enfant, ne seraient pas les plus efficaces : une prise en charge totale n’augmenterait la fécondité française que de 0,3 enfant par femme. Et puis les variations sont grandes d’un pays à l’autre. Si le Royaume-Uni portait ses aides à un niveau similaire à celui de la France, cela n’agirait pas de façon proportionnelle sur la fécondité, qui ne progresserait que de 0,17 enfant par femme, estiment les auteurs. Mais des « bonus directs » accordés en Italie ont favorisé la naissance de deuxième et troisième enfant chez les ménages modestes. « Un effet positif »

Olivier Thévenon et Anne H. Gauthier soulignent en revanche que les politiques visant à concilier vie professionnelle et familiale ont un impact plus prégnant. « Le congé parental, notamment sa rémunération, a un effet positif sur le calendrier des naissances », note Olivier Thévenon en s’appuyant sur les exemples scandinaves. En Suède, « la prime de congé parental rémunérée accordée en cas de deuxième naissance rapide introduite au milieu des années 1980 semble avoir suscité une réduction de l’espacement des naissances, qui s’est maintenu malgré les cycles économiques », note le rapport. Un accès développé à des services de gardes d’enfants favorisera également la fécondité. L’étude rappelle également que, quelle que soit l’importance des politiques de conciliation travail-famille, le taux de fécondité est meilleur dans des pays où le marché du travail est flexible, car il sera plus aisé de retrouver un travail après un congé maternité.

Au-delà de la politique familiale, Olivier Thévenon souligne l’importance du facteur culturel et religieux. Et le chercheur de citer des pays du sud de l’Europe, où la religion catholique est souvent encore très présente. Finalement, estime-t-il, « les aides n’expliquent que pour 1/3 des différences de fécondité entre les pays ». C. BA., Les Echos

L’étude de la CAF sur lesechos.fr/documents

(1) Variations de la fécondité dans les pays développés : disparités et influences des politiques d’aide aux familles », « Revue politique sociale et familiale », juin 2010.

[ 28/07/10 - 01H00 - Les Echos - actualisé à 00:36:00 ]

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